Bandits d'honneur
Un Zeybek, c'est tout d'abord un homme, appelé aussi Efe, un « bandit d'honneur » vivant dans les régions montagneuses de l'Ouest anatolien. Les voyageurs qui traversaient les montagnes devaient se faire assister d'un ou plusieurs Zeybek, contre les dangers que font encourir les autres « bandits », ceux de grands chemins... Il existe ainsi une sorte de biographie-type du zeybek, jeune homme qui pour l'amour ou l'honneur d'une femme, pour la défense des paysans contre les abus des aghas ou tout autre noble motif, commet un crime. Puis il prend le maquis, entraînant avec lui des partisans ou des compagnons, avec qui il vivra dans une résistance justicière contre les autorités. Il s'agit bien des mêmes personnages que les Haïdouks roumains (du turc haydut « bandit »), Robin des Bois, etc. Ces zeybeks ont pu être également employés comme mercenaires. Ils ont disparu après la seconde guerre mondiale – époque où la situation des campagnes anatoliennes finit d'être normalisée et policée.
Zeybek, en tant que danse, représente un état d'esprit fait de bravoure, de posture virile, c'est aussi une certaine allure de la démarche.
Outsiders
Une des situations où cette danse est vécue comme la plus authentique est la réunion d'amis, à l'écart, éventuellement dans la montagne, bien arrosée de raki et où chacun, à tour de rôle, danse son zeybek, solitaire. Cette danse prend alors, dit-on, sa vraie valeur : c'est en effet une danse d'outsider, dont l'esprit associe étroitement la grandeur de l'exploit viril et guerrier à la fragilité de l'homme ivre : les zeybek étaient également célèbres dans les milieux du rebetiko, chez les Grecs originaires d'Asie mineure.